La fraise ? Elle a tout pour elle…et pour nous ;)

« La fraise est une des plus aimables productions naturelles : elle est abondante et salubre, elle mûrit jusques sous les climats polaires : elle me paraît dans les fruits, ce qu’est la violette parmi les fleurs, suave, belle et simple », disait Étienne Pivert de Senancour, un écrivain du premier romantisme français… Je partage assez cette comparaison à la violette, pas vous ? 😉

En tout cas, notre charmante fraise est enfin de retour sur les étalages du primeur, et ça c’est une chouette nouvelle ! Colorée, délicieuse, peu calorique et dosée en vitamines & oligo-éléments… Humm, pourquoi s’en priver 🙂

Avant de partir à la cueillette ce weekend, je vous propose d’en savoir un peu plus !

Il était une fois… la fraise

L’histoire d’amour entre l’homme et la fraise ne date pas d’hier… Dès la plus haute antiquité, l’homme consomme la fraise provenant de fraisiers sauvages, celle que l’on nomme « la fraise des bois » ou « Fragoria Vesca » (elle est très parfumée, mais de tout petit calibre comparée aux fraises que nous connaissons aujourd’hui).

Durant cette lointaine époque, elle pousse à l’état sauvage en Amérique, en Asie & en Europe occidentale. En plus de la consommer, les Romains l’utilisent pour la confection de leurs produits cosmétiques (et plus particulièrement pour concocter des masques de beauté à l’odeur agréable).

En France, c’est au Moyen-Age que ledit fruit commence à être cultivé dans les jardins et les potagers (on plante 12 000 fraisiers dans les jardins du Louvre à Paris à cette époque !). Pendant la Renaissance, les femmes apprécieront la déguster avec de la crème, et les hommes avec du vin.

Au XVIe siècle, Jacques Cartier, un des explorateurs qui partit à la découverte de l’Amérique, rapporte en France des plants de fraisier écarlate ou « fraisier de Virginie », dont le fruit est petit & savoureux.

Au XVIIIe siècle, l’officier de marine Amédée François Frézier, envoyé par Louis XIV en mission d’espionnage sur les fortifications espagnoles au Chili et au Pérou découvre des fraisiers aux fruits blanchâtres peu savoureux mais de très grosse taille : « la Blanche de Chili ». Il tente d’en ramener en France, mais seuls 5 plants résistent au voyage. Bien qu’ils ne donnent aucun fruit, ils sont multipliés grâce aux stolons et envoyés dans de nombreux jardins botaniques.

Vers 1740, le botaniste Antoine Nicolas Duchesne découvre que les seuls cas de fructification de la « Blanche du Chili » apparaissent lors de la proximité d’autres espèces de fraisiers dont le fraisier de Virginie. Ce croisement va donner naissance à une fraise à la saveur de celle de Virginie et à la grosseur de celle du Chili. Son parfum qui ressemble à celui de l’ananas va lui inspirer son nom botanique : Fragaria ananassa Duch. C’est de cet hybride que provient l’essentiel des variétés de fraises à gros « fruits » que l’on cultive désormais.

Les États-Unis (et plus précisément la Californie) est aujourd’hui le premier pays producteur de fraises. Mais l’Europe, en tant que continent, le dépasse.

Découvrez comment se cultive aujourd’hui la fraise en France, grâce à cette vidéo de l’AOPN fraise (l’Association d’Organisations de Producteurs nationale) :

La fraise… un faux fruit aux 600 espèces !

La fraise se développe à partir du réceptacle charnu des fleurs. Vous ne le saviez peut-être pas mais… La fraise n’est pas à proprement parlé un fruit ! Ce sont en fait les petits grains secs de couleur jaune qui sont disposés régulièrement dans des alvéoles sur la fraise, les « akènes » qui sont, au sens botanique du terme, les vrais fruits des fraisiers. Ils produisent une hormone qui permette à la fraise en elle-même de grossir.

Aujourd’hui sont répertoriées pas moins de 600 espèces de fraises, dont 135 répertoriées au catalogue français des variétés. On peut citer la gariguette (rouge vif, très brillante, forme allongée, aromatique, sucrée), la cirafine (rouge vif, très brillante, forme allongée, légèrement aromatique, sucrée et acidulée), ou encore la darselect (rouge brique à pourpre, brillance moyenne à forte, forme conique, longue ou courte, ferme et juteuse).

Propriétés nutritives & bienfaits

La fraise est un des rares produits plaisir qui soit si peu calorique ! Elle apporte à peine 34,9kcal pour 100g, et contient 90% d’eau.

Par ailleurs, elle regorge de vitamine C (qui permet d’absorber le fer et d’assurer la protection contre les infections), de vitamine A, sous forme de précurseur, le β-carotène (nécessaire pour la vue, la vision de nuit, l’entretien de la peau & les défenses immunitaires) & de vitamine B9 (dont le rôle est de produire de l’énergie & d’entretenir l’organisme).

Elle est également riche en éléments minéraux : en potassium (qui aide aux échanges cellulaires & au relâchement musculaire), en phosphore (qui aide à la construction osseuse), en magnésium (qui aide à la transmission de l’influx nerveux & à la contraction musculaire) et en calcium (qui aide à la construction osseuse, la contraction musculaire, ou encore coagulation sanguine). Elle contient également du furanéol (l’alcool aromatique qui lui donne son parfum et son goût).

Fraise crue
Données de base
Énergie (kcal/100g) 34,9
Protéines (g/100g) 0,65
Glucides (g/100g) 6,14
Lipides (g/100g) 0,18
Vitamines
Vitamine K1 (µg/100g 11,1
Beta-Carotène (µg/100g) 7
Vitamine C (mg/100g) 67,4
Vitamine B9 ou Folates totaux (µg/100g) 70,5
Minéraux
Potassium (mg/100g) 171
Magnésium (mg/100g) 14,1
Calcium (mg/100g) 13,1
Phosphore (mg/100g) 23,4
Oligoéléments
Iode (µg/100g) 0,9
Fer (mg/100g) 0,18
Cuivre (mg/100g) 0,026

Source : Table Ciqual / actualisation 2016

Comment la choisir ?

Si vous en avez la possibilité, privilégiez la cueillette des fraises vous-même (au petit matin, quand elles sont bien fermes et pleines de saveur), que ce soit dans votre jardin ou chez le producteur.

Si ce n’est pas possible, tentez au moins de les acheter directement chez le producteur, qui les aura récoltés le matin même (ce qui n’est pas le cas des fraises proposées dans les épiceries).

Quoi qu’il en soit, les fraises à privilégier sont celles qui auront une bonne tenue, une apparence fraîche, un pédoncule bien vert, et arboreront une beau rouge brillant 🙂

… Et comment la conserver ?

La fraise est un fruit très périssable. Du coup, la méthode permettant de conserver l’intégralité de ses apports nutritionnels sera tout simplement sa consommation immédiate après la récolte.

Vous pouvez malgré tout tenter de la converser au réfrigérateur, trois jours maximum. Vous éviterez de les entasser et ne les passerez sous l’eau (en gardant leur pédoncule afin d’éviter qu’elles ne s’imbibent d’eau) qu’au moment de les consommer.

Il est également envisageable de les conserver au congélateur. Pour se faire : lavez-les avec de l’eau glacée, équeutez-les, égouttez-les et placez-les sur une plaque en les espaçant. Congelez-les rapidement dans la partie la plus froide du congélateur. Enfermez-les ensuite dans un sac à congeler, idéalement en une seule couche. Pour les décongeler par la suite, il faudra les étaler en une seule couche sur une assiette et les consommer dans les plus bref délais 😉

Souvent dégustée crue, la fraise peut également être cuite à la poêle ou au four en papillote. Elle se cuisine donc volontiers, que ce soit en version sucrée ou en version salée. Tentez l’expérience, et dites-nous ce que vous préférez !!

 

Découvrez ou redécouvrez le kiwi : un autre fruit antioxydant et riche en vitamine C !

 

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